Le grand débat du nucléaire


Comme il est coutume de parler des choses importantes et déterminantes uniquement lorsqu'il y a des cataclysmes, les évènements survenus ces dernières semaines au Japon ont fait couler beaucoup d'encres. Et comme toujours, dans cette multitude d'informations l’exagération et la déformation sont omniprésentes.

Anti-nucléaires, pro-nucléaires, tous se manifestent et se défendent, à quel moment parle t'on d'équilibre sur un sujet aussi sensible ?

Je vais essayer dans cet article de relativiser sur ce débat pour aboutir à une finalité durable sur la question, puisque c'est l'objectif et la devise de notre site.

Vous êtes vous déjà demandé ce que c'est que le nucléaire en physique ?

Et bien pour faire simple, c'est tout ce qui fait référence à la science du noyau des atomes. 
Au final, on utilise l'énergie de liaison des atomes pour produire de l'énergie. Géniale invention bien sur, mais il y a un mais... Pour manipuler cette énergie nous avons besoin de ce qu'on appelle des isotopes radioactifs qui sont en fait des atomes surchargés en électrons. (encore une fois pour faire très simple, les spécialistes m'excuseront de vouloir rendre cela pédagogique)

Et c'est cette matière radioactive qui dérange, car elle est non seulement dangereuse pour les organismes vivants, mais il est en plus très difficile de s'en débarrasser. Elle a un fort pouvoir contaminant, elle peut proliférer rapidement, elle a une durée de vie très importante... Et son impact sur la santé est majeur. En effet la radioactivité attaque l'ADN, ce qui peut provoquer des modifications des informations qu'il contient (mutation), ou bien provoquer la mort cellulaire.

Quel programme ! Sans entrer dans les détails, on se rend compte des enjeux pour la santé que cela représente.

Très conscient des dangers du nucléaire, je voudrais relativiser sur certaines choses. Car nous sommes bien placés en France pour parler du nucléaire contrôlé. Certes, le risque zéro n'existe pas, mais la France est le deuxième producteur mondial d’énergie nucléaire, qui, non sans avoir irradié certains îlot de la Polynésie, est arrivé a une certaine maîtrise de cette physique.

Aujourd'hui le nucléaire produit 80 % de l'énergie en métropole. Imaginez vous ce chiffre ? Si demain l'on stoppait ces centrales, tout le monde irait protester car nous sommes devenus dépendants de l'énergie. Cette dépendance est le facteur crucial du problème.

Ce qui se passe au Japon en ce moment est une faute grave, ce n'est pas la faute au nucléaire ce qui arrive en ce moment, ce serait plus la responsabilité de la maîtrise des risques nucléaires qui est à blâmer. Dans un pays ou les séismes sont fréquents, ou l'on attend le BIG ONE, ou la menace des tsunamis n'est pas une fiction, comment peut on imaginer qu'on ne conçoive pas des structures à la mesure de ces risques, si élevés soient ils ? Comment à Tokyo les immeubles sont restés debout, et que le système de refroidissement puisse être défaillant dans un process aussi sensible qu'une centrale nucléaire ?

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".


Alors si on est capable contrairement à ce qu'on a vu au Japon, de maîtriser ces risques, si on est capable de minimiser les dangers des déchets radioactifs, alors il serait bon pour notre dépendance énergétique de continuer au moins pour un moment d'utiliser l'énergie nucléaire.

Ensuite parce que l'on n'a pas vraiment le choix, et aussi parce que le nucléaire c'est d'une part la fission (celle que l'on pratique dans les centrales) du noyaux de l’atome, qui est une réaction artificielle, mais le nucléaire c'est aussi la fusion nucléaire, qui est cette fois une réaction naturelle (soleil, étoiles) Et il ne faut surtout pas confondre la fusion nucléaire du soleil à la fusion d'un réacteur nucléaire qui est un accident nucléaire. Sans notre connaissance sur la fission, aujourd'hui on ne parlerait même pas de fusion, c'était une étape importante pour y parvenir. 
Tout cela reste de la physique, et nous avons réussi à maîtriser la fission avant la fusion. L'expérimentation de la physique nucléaire doit continuer pour nous faire évoluer vers la maîtrise de cette fusion qui est une réaction dont les risques radioactifs, nous promet-on, seraient minimes.

Maîtriser cette fusion, c'est maîtriser l'énergie des étoiles, une source d'énergie avec un rendement et un stock supérieur à tous ce dont on dispose actuellement.

Les programmes de recherche y travaillent, j'espère simplement que notre Humanité ne succombera pas à notre folie de vouloir jouer à Dieu, et que l'on prendra les mesures pour détecter les travers de ce nouveau Graal de la physique.

En attendant, l'enjeux primordial est de mieux nous protéger de ce que l'on sait déjà faire, de continuer le travail sur les énergies renouvelables qui sont bien loin de subvenir à tous nos besoins pour le moment.

Dans une vision durable de nos activités anthropiques il faudra continuer à composer avec la fission et sa radioactivité.

Soyons déjà heureux que la Réunion puisse se passer d'une centrale nucléaire et espérons que GERRI devienne une réalité. Mais ça, c'est une autre histoire.








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Les anciens Commentaires
moi Il est bon de vulgariser la science, mais certaines choses m'ont choqué en lisant cet article. On ne s'intéresse pas à l'énergie de liaison des atomes mais bien à celle des noyaux des atomes. Un isotope n'est pas un atome surchargé en électron mais un atome "surchargé" en neutrons. Cela se passe toujours au niveau du noyau, et les électrons "gravitent" autour du noyau. La matière première utilisée pour faire les réactions nucléaires dans les réacteurs des centrales n'est pas la plus dangereuse. Ce sont les déchets produits par la fission nucléaire (un noyau donne deux noyaux et de l'énergie pour simplifier) qui sont de véritables poisons. Et parmi ces déchets hautement nocifs, ceux dont la durée de vie est la plus longue posent le plus de problèmes, mais ce ne sont pas forcément les plus présents dans une centrale. En France, 60% de l'énergie est d'origine nucléaire, mais les 80% mentionnés correspondraient plus à la proportion d'énergie électrique produite par le nucléaire. Concernant le Japon, ils n'attendent pas le BIG ONE (c'est le terme employé en Californie pour la faille de San Andreas) car il vient de se produire ! Et si les bâtiments de la ville de Tokyo sont restés debout c'est sûrement qu'ils étaient suffisamment éloignés de l'épicentre du séisme. La fusion ET la fission sont des phénomènes naturels. Nous savons réaliser et relativement bien maitriser la fission mais la fusion n'est pour l'instant réalisée qu'au niveau du laboratoire et ne serait pour l'instant pas rentable du point de vu énergétique (pour ce qu'on en maitrise bien entendu). Pour conclure j'inviterais les lecteurs à se poser la question "comment ECONOMISER et mieux gérer l'énergie que nous produisons ?" avant de se demander "comment en avoir encore plus ?". Mes respects à ceux qui font tourner ce site. Merci.
Cabri.C A mon niveau, je ne maitrise pas la connaissance nécessaire à la compréhension du pro ou anti nucléaire. Toute innovation a son lot de sacrifices. Pour autant...ce sont les enjeux économiques qui me posent problème. Comme le dit "moi", on peut se poser la question de comment gérer la ressource énergétique, plutôt que de faire de la surenchère (et à titre de comparaison, c'est comme la vie chère à la Réunion, plutôt que de chercher à baisser les prix, les gens font grève pour gagner plus pour s'aligner sur les prix, qui eux continuent de monter...spirale infernale). La recherche du nucléaire, peut être ou ne pas être source de bénéfice pour l'humanité. Mais comme dans beaucoup de secteurs, le profit est plus tentant, même si on ne maitrise pas. On mesure les risques, et on détermine un seuil à partir duquel on peut prendre le risque ou non (le profit n'étant pas le meilleur facteur de sélection de ce seuil). Je rejoins aussi moi sur les immeubles de Tokyo, ils sont loin de l'épicentre. Cela ne fait pas tout, chaque bâtiment est plus ou moins "solide" selon le constructeur, c'est valable partout, pas seulement au Japon. Par contre le BIG ONE, passé ou pas...pas sûr de ton truc "moi". Moi j'ai entendu que le plus gros séisme est attendu au niveau de la baie de Tokyo, là où les plaques forment une jointure. Il était prévu pour dans 30 ou 40 ans, mais avec le séisme de ces derniers jours, les prévisions parlent de séisme "imminent" (ça vaut ce que ça vaut, vu à la télé ^^).
Green974 Merci pour avoir relevé l'erreur sur l'électron, je n'y ai pas fait attention, petite confusion de ma part. Compléments: Concernant le terme Big one, les Japonais l'utilisent aussi. Le caractère artificiel de la fission a été posé pour parler de la réaction qu'on génère en centrale. Concernant les projets de fusion je vous donne ce lien : http://www.science.gouv.fr/fr/dossiers/bdd/res/2803/la-fusion-controlee-le-reve-du-nucleaire-propre-/ Même si c'est coûteux, les différents pays se lancent quand même dans le projet. Et enfin, suggérer d'économiser avant de vouloir produire plus c'est évidement une bonne idée, cependant, devant la démographie galopante , l'ultra urbanisation, les nations comme la Chine et l'Inde qui consommeront de plus en plus, il faut aussi anticiper et penser à de nouveaux moyens plus productifs. Merci pour votre avis critique qui fait avancer le débat. :)
Green974 J'aime beaucoup ta comparaison avec la vie chère et la course des salaires à la Réunion Cabri.C. :) Pour le Big one c'est aussi ce que j'ai appris, la magnitude du séisme récent a prévue d'être dépassée. Quand ? Ca je ne sais pas. Je vais faire quelques recherches.
la voix du peuple MOI tout ce que je comprends dans ces discours c'est que c'est comme si je mettais à l'eau un bateau sans fond ; vous croyez qu'il coulerait ? les scientifiques, experts, et ceci et cela savent fort bien qu'ils ont mis en place un système qu'ils ne maîtrisent pas complétement ; et en cas de pannes on a l'impression d'assister à de simples démonstrations de SYSTEME D . ça fait un peu peur
Cabri.C Un bateau sans fond, ça ne flotte pas :P. Les experts ont quand même fait un bateau avec un fond, c'est juste qu'ils se sont dit qu'ils pourraient tenter la traversée de l'atlantique en canoë (c'est possible, mais y a des risques, et le paquebot est plus sûr). Et pour les défendre un petit peu, il faut quand même relativiser :D. Demain on vient te voir, on te propose 10 millions d'euros pour "manger des OGM" à titre expérimental. Tu cracherais dessus? :D Le risque d'empoisonnement est là, mais est-ce que ça présente un tel risque que tu peux te permettre de cracher dessus? Cependant, je suis d'accord, ça n'empêche que ça fait peur :).
Oracle Sujet très intéressant. Mon point de vue est que bien sûr nous voulons de l'électricité moins cher, à condition qu'on la produise chez les autres quand elle est dangereuse. C'est cela le noyau dur du débat !!! C'est pour cela aussi que je me suis désengagé de Cadarache. L'homme d'aujourd'hui, juif errant de sensation, cherche à les renouveler sans cesse sans en avoir d'aucune manière, en constitué un capital intérieur. Il est devenu indigne et orphelin de la connaissance dont il hérite. Pour ce qui est de la fusion nucléaire, je gage sur tout ce que j'ai que les hommes de loi seront les premiers a condamner ce qui a fait que l’on chemine «vers cette quintessence de la connaissance». Être ingrat, prendre sans rien devoir, sans rien donner, je sais faire moi aussi. Quand on a élevé cela en vertu de loi, on l’assume, ce pour quoi je vous le dis, je ne participerai plus a cette recherche, ni à cette quête! Enfin, moi je me suis battu pour Cadarache, pour que le projet soit mené en France, mais nous ne le méritons pas. Puisque je peux le dire, je vous le dis maintenant !!! et je l'assume !
linad J'ai trouvé l'article intéressant, maintenant je ne suis pas apte à contrecarrer ou confirmer les données présentes, mais si l'article s'appuie sur des affirmations physiques faussées (comme le dit "moi"), c'est bien dommage... Par contre, on sait avec certitude que le nucléaire et sa radioactivité sont néfastes et surtout qu'il n'y a pas de risque zéro. Mais sachant qu'on ne peut pas s'en passer à l'heure actuelle et supprimer totalement le recours au nucléaire, il me semble que l'objectif serait de diminuer notre dépendance petit à petit en favorisant d'autres énergies plus écologiques et surtout présentant moins de risques sanitaires. Malheureusement, c'est toujours le profit qui détermine tout, qu'on privilégie souvent par rapport aux risques ( comme le dit Cabri. C) et je pense que les pays comment la France qui tirent d'importants bénéfices du nucléaire ne sont pas prêts à diminuer leur production et à s'orienter vers des énergies propres (mais moins rentables..). En partant de là, a-t-on vraiment le choix ou subit-on les décisions de nos dirigeants? D'autre part, pour répondre à Cabri. C, je serais en effet prête à risquer un empoisonnement à l'OGM pour 10 millions d'euros, mais ça n'engage que moi et je ne prendrais des risques que sur ma propre santé, sans nuire au restant de la population, car la question serait plutôt, si on te proposait la même somme pour que tout le monde mange des OGM a titre expérimental, avec un risque de nuisance sur leur santé, accepterais-tu toujours? ça donne à réfléchir... Dernière chose, je relève également l'irradiation justement des ilots polynésiens (ou ailleurs), peut-on accepter de tels dommages? il faudrait demander l'avis d'un polynésien... est-ce que ceux qui ont décidé de faire ses funestes expériences nucléaires vivaient en Polynésie?!! Enfin, le débat sur le nucléaire est nécessaire, mais pour débattre, encore faut-il être bien informé et être capable de comprendre l'information, ce qui dans ce domaine comme dans d'autres n'est pas toujours évident.









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