En 2009 le film documentaire HOME écrit et réalisé par Yann Arthus-Bertrand et produit par Luc Besson nous donnait une vision de l’impact destructeur des activités humaines sur la Planète. Les conférences et les sommets mondiaux de l’environnement ont été nombreux depuis, mais les choses se sont elles améliorées ?

Ce film a la particularité d’avoir été diffusé gratuitement dés sa sortie et dans un grand nombre de langues sur sa chaine Youtube.

Nous vous proposons de revoir ce film 11 ans plus tard et consacrer un moment de votre temps à un peu de sagesse écologique. Même si agir a l’impact le plus fort, la prise de conscience en est toujours le point de départ.

Bon film.

L’équipe Green974.

Dans l’univers, et peut être même  au-delà, la création génère l’expansion qui conduit à la destruction d’où renait la création, et ainsi de suite.

La nature  a aussi ses mécanismes de création, d’expansion et de destruction et depuis des milliards d’années elle ne nous a pas attendu pour les activer. La Terre a connu cinq grandes extinctions massives au cours desquelles au moins 75% de la biodiversité a disparue. Quinze autres extinction importantes se sont produit au fil des ères et nous voici aujourd’hui dans la période du Quaternaire avec ce que les scientifiques appellent aujourd’hui « l’extinction de l’Holocène » qui date de 10000 ans à aujourd’hui et qui correspond à la surexploitation des ressources naturelles (surchasse, surpêche, agriculture intensive), et destruction, dégradation, fragmentation et pollution des milieux (eau, air, sol) et des écosystèmes par les êtres humains, sur fond de changement climatique durant l’Anthropocène.

Pour certaines de ces extinctions ce sont des facteurs externes qui sont intervenus (écrasement d’une météorite géante, explosion de supernova proche) ou de façon plus fréquentes ce sont les grands mécanismes géologiques de la Terre qui ont contribué à ces extinctions (volcanisme, tectonique) et aussi des changements climatiques naturels de grandes ampleurs (glaciation, réchauffement).

Ça c’est pour les crises majeures ou importantes et il est intéressant de remarquer qu’elles ont été provoquées par le non vivant, ce qui est tout le contraire de la sixième extinction qui a pour cause les activités humaines. Il y a aussi eu des exemples répétés de règnes du vivant qui se sont éteints à cause d’une surexploitation des ressources, l’homme n’est donc pas le premier à se retrouver face à ce problème de surexploitation, d’autres en ont fait les frais bien avant.

La différence c’est que l’Humain est intelligent et a développé des moyens sans précédents pour dominer le monde qui l’entoure. C’est la raison pour laquelle elle est surnommée la « Sixième extinction » car le nombre élevé d’espèces qui disparaissent est comparable aux autres des cinq autres grandes extinctions massives. Bien que sur une courte période, cette surexploitation est chronique, sans interruption, elle n’est même plus continue, elle augmente sans cesse.

Malheureusement, comme tout logement en location, la Planète a un règlement intérieur qui établit des conditions d’équilibres pour tous ses locataires, et l’équilibre des uns s’arrête là où celui des autres s’arrête aussi.

Nous sommes une espèce paradoxale. Dans notre développement nous pratiquons la densification dans les grandes villes et en même temps l’étalement des nos activités pour exploiter les ressources. Cette densification nous rend aveugle sur nos propres ressources car sans cesse approvisionnés sans limites dans nos cités nous n’avons plus conscience des quantités de nature que nous avons besoin d’exploiter pour vivre et nous tombons ainsi dans l’excès. Les anciens dans les villages savaient pertinemment jusqu’à quel point ils pouvaient exploiter leur environnement et ne tombaient pas dans ce travers. La surconsommation encore une fois à l’origine de tous les maux.

Ainsi, l’Homme finit toujours par être impacté par ses propres activités. Dans cette pandémie, c’est le serpent qui se mord la queue.

Tout ce laïus préliminaire n’est là que pour faire prendre conscience de la situation dans laquelle on est et que la pandémie actuelle n’est qu’un infime grain de sable dans ce que la nature est capable de faire pour rétablir l’équilibre global entre le vivant et le non vivant, entre les ressources et les exploitants.

C’est simple, presque binaire, quand une espèce a surexploité la ressource elle finit par ne plus trouver de quoi survivre et risque de disparaitre. En évolution, en génétique, en sélection naturelle ont dit aussi que quand une espèce est contrainte ce sont ses mutations qui lui donneront une chance de s’adapter dans un nouvel environnement.

Nous y voila, nous sommes arrivés dans le chapitre virus et mutations. Ces mutations qui permettent à certaines souches virales de s’adapter à un nouvel hôte. Pire, parfois il n’y a même pas besoin de mutations et le virus peut facilement se transmettre à d’autres espèces, c’est juste qu’avant il pouvait survivre en se contentant d’une seule espèce car confiné dans une niche écologique à l’abris des Hommes.

L’homme en exploitant les forêts et les espèces animales a ouvert la boite de Pandore.

Ce virus qui nous fait peur et qui sème la panique dans le monde entier, a t’il muté, va t’il muter, comment arrêter la propagation ? Ces questions bien qu’importantes nous les laissons aux chercheurs et spécialistes, mais nous nous intéressons aussi à ce qui va se passer à l’avenir car il est fort probable que le covid ne soit pas le dernier de la liste après les ebola, zika, chikungunia, grippes aviaires, sras et autres.

Comme il est permis de rêver il faut espérer que l’humanité prennent conscience de ce qui est en train de se passer, c’est réel et palpable, un tiers de l’humanité est confinée, c’est la première fois qu’une telle chose se produit dans notre société mondialisée.

Voilà ça c’était pour le rêve. Dans la réalité, certaines minorités de gens plus ou moins écologistes et certains scientifiques (ceux encore libres de tous lobbies) vont continuer à tirer la sonnette d’alarme et l’humanité ne fera rien de plus que des petits gestes aussi simplistes qu’inutiles véhiculés par la télévision et les foules de moutons oublieront le passé en étant persuadées que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Alors prendrez-vous la pilule rouge ou la pilule bleue ?

L’équipe Green974.

L’environnement, l’écologie et le développement durable occupent une place de plus en plus importante dans notre société et sont des enjeux incontournables pour la survie de notre civilisation. Les domaines dans lesquels il faut agir sont nombreux, trop nombreux, et parfois on se demande par où il faudrait commencer pour diminuer l’impact que l’on peut avoir dans nos activités humaines.

Nous avons donc pensé qu’il pourrait être intéressant de se focaliser sur une cause pendant une durée encore indéterminée, tout en continuant bien sûr à traiter d’autres sujets dans l’actualité et les news.

La cause de cette année, l’Autosuffisance Alimentaire à La Réunion.

Pour le lancement de la nouvelle version du site de Green974, nous avons décidé que la cause de l’année 2020 serait l’autosuffisance alimentaire à La Réunion. Vous trouverez dans les news le premier article sur le sujet  ici et nous continuerons à en parler au fur et à mesures des sujets et des projets.

De nombreux projets, inventions et technologies existent pour produire des ressources alimentaires et les distribuer localement, nous vous invitons donc à nous rejoindre pour participer à cette cause.

L’équipe de Green974 développe, en partenariat avec des bureaux d’études spécialisés, des solutions alternatives de productions alimentaires locales, mais nous ne pourrons pas avancer seuls. Nous faisons appels aux collectivités, entreprises et aux particuliers qui souhaitent faire avancer les initiatives dans ce domaine à La Réunion.

Nous publierons prochainement sur des low-techs et des high-tech que nous sommes en train de développer. Certaines seront en open sources, d’autres seront proposées à des entreprises ou des bailleurs sociaux et des collectivités.

L’autosuffisance alimentaire ce n’est pas qu’une question de production locale c’est aussi le développement d’un réseau alternatif de distribution et de mutualisation et là aussi les projets et les idées foisonnent dans le monde. Il n’en tient qu’à nous de nous organiser pour atteindre un objectif commun, une cause commune.

À très bientôt.

L’équipe Green974

Avoir de grands bureaux, concentrer des employés pour exécuter des taches, qu’ils puissent communiquer directement entres eux pour mener à bien leur travail, finalement est-ce vraiment indispensable pour certains métiers ou certains postes ?

Nous y sommes, devant la nécessité de diminuer la contagion du COVID19 l’État préconise et incite au télétravail. Depuis des années de nombreux mouvements plébiscitent cette nouvelle façon de travailler pour différentes raisons. En effet les avantages sont multiples, et les inconvénients ne semblent pas insurmontables, faisons donc un petit inventaire pour peser le pour et le contre :

Inconvénients :

  • Pas de pointage, l’employeur craint de ne pas pouvoir maîtriser ou vérifier les horaires de travail.
  • Ne peut pas s’appliquer à tous les secteurs d’activités. (bâtiment, vente, réception, soins…)
  • Fini les tickets resto, si bien sur vous en bénéficiez avant.

Avantages :

  • Moins de contraintes de temps pour déposer les enfants à l’école.
  • Moins de stress. (si les horaires de travail sont respectés*)
  • Moins de déplacements, donc moins de pollutions et des économies d’énergie en transport.
  • Une meilleure concentration au poste de travail.
  • Des économies pour la location des bureaux.
  • Une meilleure gestion du temps de façon générale*

Les faux inconvénients :

  • L’employeur pense souvent ne pas pouvoir vérifier la présence de ses employés à leur poste de travail, pourtant il existe de nombreuses solutions pour manager de façon souple à distance.
  • Il ne faut pas penser que les solutions matérielles soient coûteuses car la plupart du temps le matériel informatique portable et moins coûteux. (pas de bureaux ni de chaises ou autres accessoires dans le poste de dépenses)

Les faux avantages :

  • *Le stress dépend du contexte de management. En effet, il est malheureusement trop fréquent d’observer des employés sans cesse sollicités pour continuer leur travail en dehors des heures de travail, bien que la réglementation soit claire à ce sujet. Notons que souvent les heures supplémentaires correspondent à des taches pouvant être dématérialisées.
  • La concentration dépendra tout de même du respect de vos heures de travail par votre entourage à la maison.
  • La meilleure gestion de son temps nécessite toutefois une autodiscipline qui peut être rappelée par les outils de management à distance.

Cette liste n’est bien sure pas exhaustive, et grâce à votre expérience vos commentaires pourront la compléter.

De nombreux articles fleurissent en ce moment sur internet se réjouissant de l’impact du virus COVID19 et des mesures de confinement sur la diminution de la pollution atmosphérique dans les pays concernés. Certes c’est un fait, mais nous chez Green974 nous ne pouvons pas avec cette même vision en assimilant une pandémie mondiale comme une opportunité ou une solution pour la planète. Nous sommes pour l’avenir durable de l’Humanité sur terre.

Alors oui le télétravail change nos modes de vie, et il peut même améliorer le quotidien de chacun, nous pensons aussi que c’est un bon moyen pour rappeler l’importance de s’auto-discipliner dans le travail ou d’autres choses. Il permettra de baisser les pollutions atmosphériques générés par les déplacements, d’avoir une vie familiale peut être plus épanouie, mais surtout, il permettra de diminuer les risques de contamination qui nous concernent actuellement.

L’équipe Green974

Tout d’abord nous préférons poser le cadre de ce qu’on peut vraiment appeler alimentation. Il s’agit des ressources alimentaires qui garantissent une nourriture saine et équilibrée, alors exit les sodas, gâteaux et bonbons industriels, plats préparés surgelés, conserves et autres accessoires comestibles, nous ne les prendrons pas en considération dans notre article.

Au niveau de l’agriculture :

Nous avons à la Réunion des surfaces de terres cultivables exploitées ou non pour la culture vivrière. Les différents producteurs écoulent leurs production soit sur les marchés forains, soit par l’intermédiaire de plateformes de distribution, soit dans leurs propres commerces, ou encore en passant directement chez les consommateurs avec leur production. Rappelons que la livraison à domicile n’est pas une pratique récemment importée mais qui existe à La Réunion depuis des décennies dans une forme encore plus optimale que la simple livraison à des particuliers. Nombreux se souviennent des agriculteurs qui passaient dans les quartiers avec leur camionnette 404 bâchées remplies de légumes, avec les petits coups de klaxons ou les criées « artichauts, artifrais, artifroids ». (oui celle là elle m’a marqué)

En regardant les habitudes d’achat on se rend compte que la plus grande partie des légumes est écoulée en dehors des grandes surfaces alimentaires. Même si de nombreuses personnes se fournissent dans ces grandes surfaces où l’on trouve aussi des fruits et légumes d’importation, la part du local est largement en tête. Il est fort probable que l’on puisse même se passer de cette importation depuis la multiplication des petits producteurs bio et raisonnés dans l’île qui livrent aussi directement le particulier.

Alors autosuffisance en fruits et légumes à La Réunion ?

Peut être pas encore puisqu’on ne produit pas toutes les variétés dont nous avons besoin  alors que notre climat le permet. Diversification devrait être le mot d’ordre et les collectivités locales devraient inciter, aider les producteurs à exploiter d’avantages de surfaces actuellement utilisées pour des cultures non vivrières. La culture de la canne et de son industrie ne sont pas économiquement viables pour les Réunionnais. Elles le sont surement pour les grands groupes qui se fournissent auprès des exploitants et qui cultivent surtout le lobbying auprès du parlement Européen afin de maintenir la culture de la canne sous perfusion financière en récoltant les bénéfices financiers de façon plus que profitable. Au lieu de permettre à La Réunion de développer son agriculture vivrière, on l’incite à continuer la production d’une denrée qui n’est pas vitale. Que se passera t’il le jour où une autre grande crise nous frappera, que la Métropole sera elle-même trop occupée à gérer la situation sur le continent et qu’il faudra une fois de plus nous débrouiller ? Une nouvelle guerre, une nouvelle pandémie, un autre choc pétrolier… Quel sera le prochain point de rupture qui nous fera prendre conscience que notre autonomie alimentaire devrait être un objectif stratégique ?

Les solutions existent pour la culture vivrière et elles sont très simples : augmentation des surfaces de production et transformation des cultures non utiles existantes.

Ensuite il y a l’aspect carnivore de notre consommation, n’en déplaise aux défenseurs du vegan, une alimentation équilibrée nécessite des apports de nourritures animales. Les trop faciles et habituels discours sur les légumes qui apportent les mêmes acides aminés que les viandes animales sont à revoir, car ce sont des arguments monocritères qui ont oublié deux choses :

  • C’est la cuisson des protéines animales qui a permis le développement sans précédent du cerveau de nos ancêtres il y a 1,9 millions d’années.
  • Les viandes animales contiennent aussi des graisses et d’autres nutriments que ne fournissent pas les végétaux et qui pourtant sont essentiels dans notre immunité, dans le développement et le fonctionnement de notre système nerveux (nerfs et neurones)

La production animale locale :

Côté mer, nous l’avons vu dans un autre de nos articles, la surpêche dans nos eaux assure malheureusement plus que la demande locale. Donc sur cet aspect, il serait plus logique de travailler sur une pêche plus durable et uniquement destinée à la consommation des Réunionnais plutôt qu’une exploitation sans retenue qui reverse dans l’exportation à outrance. Rappelons quand même que dans ce secteur, les grands groupes qui exploitent les ressources halieutiques bénéficient là aussi de subventions astronomiques auprès de la France et de l’Europe sans apporter d’améliorations au tissus sociaux-économique de l’île.

Nos chères volailles, elles, se portent bien au point qu’il est presque mission impossible de trouver dans les rayons des volailles d’importation qui ne soient pas congelées. Les filières de production semblent au point et la diversité des producteurs aussi. Pour les œufs c’est la même chose, nous sommes plutôt bien équipés en production locale. L’autonomie dans ce secteur ne devrait pas être compliquée.

Le cochon est une longue tradition à La Réunion et ce depuis la guerre car le salage de la viande de porc a permis sa conservation pendant les temps difficiles et avant l’arrivée des premiers réfrigérateurs. La production locale est suffisante et de qualité.

La viande bovine  locale a mauvaise presse et il est inutile de revenir sur les détails de ce problème sanitaire dans cet article, nous écrirons plus longuement sur le sujet prochainement. Quoi qu’il en soit, une fois que cette production ce sera assainie, il est probable que la production de la viande bovine puisse couvrir les besoins locaux.

Les céréales :

C’est la grosse carence nutritionnelle locale. Même s’il serait difficile de produire du blé ou du riz à des coûts raisonnables localement, il serait plus logique de voir arriver des aides financières pour ce type de culture plutôt que pour la canne à sucre. Dans ce domaine les initiatives seraient les bienvenues pour relancer une production même compensatoire qui deviendrait plus que bénéfique en cas de crise blocus.

Vous l’avez compris, le plus important est de viabiliser les productions de chacune des sources nutritionnelles pour pouvoir disposer d’une banque alimentaire locale équilibrée.

Alors oui, sur un aspect alimentaire strictement vital La Réunion pourrait être autonome dans sa production. Bien sur il faudrait là encore une stratégie cohérente au niveau du territoire pour y arriver, et finalement c’est surtout cet aspect organisationnel qui nous fait défaut.

N’oublions pas que l’aquaculture peut aussi être une énorme opportunité pour notre île et que les nouvelles techniques de production dans ce domaine foisonnent.

L’équipe Green974.

Après le premier tour des municipales il va se passer un bon moment avant que puisse se dérouler le deuxième tour, pour le coup le suspens politique va devoir attendre car la santé doit passer avant les urnes.

Pendant cette période de flottement, et quand les médias seront moins encombrés par le COVID, ils feront peut être un bilan des dernières élections un peu plus poussé que les maigres débats d’autocongratulations du premier tour.

Cela ne nous empêche pas aujourd’hui de donner notre avis sur notre thème de prédilection: « l’environnement »

Devant la résonnance de l’écologie dans les médias nationaux, et à leur considération par les candidats aux municipales en Métropole on pouvait s’attendre à la même chose à La Réunion. Et bien non, la grande majorité des programmes n’ont pas inclus d’actions probantes en faveur du développement durable. Nous parlons ici d’actions viables, efficaces et impactantes, et non pas de paroles médiatiques creuses qui s’apparentent parfois à du greenwashing.

Pourquoi les candidats locaux n’ont pas misé d’avantage sur l’environnement ?

En métropole comme à La Réunion et dans les autres DOM, la conscience écologique est grandissante. Nous avons quasiment tous accès à des informations, à des reportages et des émissions qui nous ont fait comprendre l’impact de nos activités humaines sur l’environnement et surtout aux menaces qui pèsent sur l’Humanité si elle ne réagit pas. Dans les pays du monde entier des associations, des organisations, des entreprises se sont levées pour réagir face à ce problème et un grand nombre d’élus aujourd’hui ont une profonde réflexion et se sont mis ou sont en train de se mettre au travail. C’est aussi un enjeu électoral et les politiques sont aussi conscients que proposer dans leur programme  des mesures concrètes pour protéger l’environnement leur attirerait la faveur des sondages et des urnes. En effet, le jeu électoral est devenu trouble depuis les dernières Présidentielles, la notion de partis politiques  a été déséquilibrée, et « l’écologie » est devenue une valeur pour laquelle certains peuvent se déplacer aux urnes et d’autres peuvent changer leur vote. Cela pourrait représenter 5% minimum des voix, le maximum n’est pas connu mais beaucoup de candidats du deuxième tour auraient aimé les avoir ces 5% pour être élus directement, et encore plus de candidats du deuxième tour qui devraient miser sur l’environnement pour capter cet électorat.

Que se passe t’il à La Réunion ?

La liste d’explication est longue car la notion d »environnement bien que très médiatisée et encore bien loin d’être maitrisée.

Il nous est arrivé de croiser quelques élus « verts » à La Réunion et nous avons été frappés par leur manque de maîtrise scientifique des aspects écologiques. On ne s’emballe pas, leurs confrères des autres partis ne font pas mieux, mais quand même il est très frustrant de constater que leur seul discours politique se fonde sur des articles ou des statistiques lus deux jours plus tôt, ou pire encore qu’ils nous posent des questions qui mettent en évidence un manque de discernement écologique  de tel ou tel enjeux.

Alors vous l’avez compris, beaucoup confondent l’écologie à l’écologisme, la première étant une science, la deuxième un courant de pensée.

Une autre erreur est de donner la gestion de ce thème à n’importe qui… C’est le meilleur moyen pour obtenir l’effet inverse en communication ou en action, c’est-à-dire être capable de proposer des choses contradictoires voir impossibles. Les équipes de campagnes devraient compter en leur sein au moins un « sachant » dans ce domaine, afin d’avoir une vision durable viable et à jour pour sa commune, pour son île, voir pour la nation. Nous parlons d’un vrai sachant, un expert capable de proposer à l’élu une stratégie, des process, des technologies qui permettraient de mieux préserver notre environnement tout en assurant un équilibre social, écologique et économique. (C’est la définition du durable) Mieux encore, un sachant pouvant proposer des low-techs dans le domaine, ces technologies qui sont l’inverse des high-techs et qui permettent d’innover avec des petits moyens ce qui serait parfait pour le budget des communes.

Enfin beaucoup de responsables de campagnes ne prennent pas au sérieux l’enjeux écologique ni la quantité d’électeurs qu’il pourrait interpeller, ce qui est une énorme méprise dans le contexte actuel.

Ce ne sont pas les seules raisons mais elle sont cruciales pour comprendre les lacunes écologiques des programmes des candidats. Néanmoins, il est encore temps de se bouger, de remuer et de former ses colistiers et ses responsables de communication de campagne, l’enjeu est fort et il grandira encore plus chaque année.

Et n’oubliez pas, le report du deuxième tour des municipales laisse une marge de manœuvre pour corriger le tir, s’en suivront les élections départementales et régionales, alors à bon entendeurs, vous savez ce qui reste à faire pendant cette longue pause avant le second scrutin.

L’équipe Green974

Où sont les poissons ? C’est une question que beaucoup de personnes se posent depuis quelques années à La Réunion. Petits pêcheurs, observateurs, passionnés de la mer, ou amateurs de poissons frais, tous se posent la question.

Le bon temps

Les habitués de la mer se souviennent tous des chasses de poissons, ces petits regroupements de poissons localisés qui bouillonnent à la surface et dans lesquels les oiseaux marins plongent tout bec dedans pour attraper leur part. Ces chasses on les observait tout près des côtes, parfois à quelques dizaines ou centaines de mètres du bord seulement. Ces phénomènes étaient fréquents et témoignaient de la présence des thons, des dorades et autres grands poissons pélagiques (qui vivent en haute mer) qui suivent et se nourrissent de ces petits bancs de poissons. Voir des dorades en surface ou des thons sauter pendant ces chasses était commun. Les petits pécheurs connaissent bien et sortent les lignes pour tenter d’attraper quelques gros prédateurs dans cette frénésie.

Aujourd’hui tout a changé

Mais voilà, depuis à peu prés cinq ans, les chasses ont quasiment disparues près des côtes. Il faut faire plusieurs milles pour les trouver, alors pourquoi ? Pourquoi les thons, dorades et autres gros prédateurs ne s’approchent plus de la côte comme avant ? Les sardines, banc cloches et autres petits poissons (que l’on appelle poissons fourrages en référence à leur position au début de la chaîne alimentaire) sont toujours présents. Malgré la pêche locale importante au filet de ces espèces les bancs sont toujours là, et de tailles importantes nous rapportent les pêcheurs. Levez vous de bonne heure et aller les chercher avant le lever du soleil là où ils sont habituellement et vous verrez que le poisson fourrage est bien là. Alors pourquoi les prédateurs ne sont plus là si leur menu est servi ?

De mémoire de pécheur en canot ça n’était jamais arrivé, « quand la saison rentre le poisson est là aussi, mais tout ça c’est fini » nous dit un gramoun.

Un peu plus loin de la côte il y a aussi les petits DCP, ces dispositifs de concentration de poissons, ils sont réservés aux professionnels la semaine et ouverts aux pécheurs de loisirs les weekends et jours fériés entres d’autres restrictions. Mais pour les petits DCP nous dit on, c’est la même chose, le poisson n’est plus là. Si le poisson ne s’approche plus des côtes il y a forcément une raison…

Une réponse évidente

Tout le monde connait l’impact de la surpêche sur les océans, alors on a voulu savoir si il y avait beaucoup de gros bateaux de pêches dans la zone, et une petite recherche rapide sur internet nous a permis de découvrir un site que nous partageons avec vous : https://www.vesselfinder.com/fr

Sur ce site il vous suffira de déplacer et agrandir la carte pour trouver la Réunion, et vous pourrez observer tous les bateaux référencés en temps réels dans la zone. En bleu ce sont les bateaux de pêches, les autres couleurs on en reparlera une autre fois. Nous vous laissons observer tous les jours la quantité de bateaux de pêches qui sillonnent et vident la zone. Les techniques de pêche sont variées et ne laissent aucune chance aux bancs de thons et de dorades souvent attirés par des DCP largués par ces bateaux, mais aussi localisés par des techniques radars, acoustiques et satellites. Il y a même une thèse pour des applications halieutiques (donc pour optimiser la pêche) , qui est disponible ici.

Une petite partie de ces thons et dorades est revendue localement dans la grande distribution, mais la majeure partie va finir dans des conserveries comme celle qu’on retrouve aux Seychelles, mais pas que.

Vous observerez sur la carte la disposition des bateaux autour de la Réunion, de Maurice, des Seychelles, au nord et au sud de Madagascar, et les barrières virtuelles qu’ils opposent aux bancs circulant sur ces trajets connus.

Alors peut être qu’après vous pourrez trouver une réponse à la question : pourquoi il n’y a plus de poissons pélagiques prés des cotes Réunionnaises ? Et à la lumière de ces sources fiables vous pourrez même vous demander quelles autres problématiques ça pourrait poser et puisque le but c’est d’être constructif il faut aussi réfléchir à ce que nous Réunionnais pouvons mettre en place pour mieux protéger la ressource.

Dans un prochain article nous parlerons des eaux territoriales et des zones exclusives économiques en mer, et vous verrez qu’il est possible d’agir dès lors que les locaux se mobilisent pour interpeller l’état.